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 épisode 8 – Enlèvement et fugue...

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MessageSujet: épisode 8 – Enlèvement et fugue...   Lun 8 Déc - 19:19

Chapitre 8 – Enlèvement et fugue...


Ce jour-là, il a fait magnifique toute la journée. L’été approche à grands pas, et le printemps est généreux en temps très doux, chaud parfois.
Alexandre est allé aider Antoine à préparer ses caisses pour le déménagement prochain. L’appartement, au 79, a été refait entièrement et est presque pimpant !

Antoine a récupéré beaucoup de son « salon de musique » qu’il réinstallera dans la pièce en façade, un peu comme avant, suivie de la «kitchenette-living», d’une petite salle de bain et enfin la chambre dans une belle pièce à part. Le tout installé au goût de l’artiste, sans oublier l’avis d’Amine qui est là aussi souvent que ses parents le lui permettent...

Après l’école, Ludo a un moment hésité à aller voir sa mère qui est en fin de cure et qui doit retourner demain chez elle. Il est convenu avec Alexandre qu’il passera « quelques jours à l’essai » auprès d’elle pour lui rendre « une raison d’exister ». Mais Ludo renonce à y aller tout de suite : « Non, j’irai ce soir avec Alexandre pour mettre au point les derniers détails... », pense-t-il.

Pour Alexandre, qui comprend qu’il est important pour Lisa d’avoir son fils chez elle, c’est un déchirement qu’il entrevoit là, et c’est le coeur serré qu’il compte les heures qui restent à avoir Ludo auprès de lui : en effet, si la cure a marché aussi bien qu’espéré, Lisa voudra garder son fils et reprendre son rôle auprès de lui, comme c’est bien normal.

Ce soir donc, Ludo remonte la rue des Alexiens pour rejoindre le Grand Sablon par la rue de Rollebeek, son chemin habituel en rentrant de l’école.
Arrivé place de Dinant, il sent quelqu’un qui le rattrape et l’attrape par le bras : il reconnaît tout de suite René, un de ses anciens « clients »...
- Alors, petite frappe, toujours dans le quartier à ce que je vois ?
- Laisse-moi, René ! Je ne joue plus à ça : je reviens de l’école et je rentre chez moi !
- Ah bon ? On s’est racheté une conduite ? Mais c’est encore plus excitant, ça, mon garçon !... Tu vas venir gentiment avec moi, sinon je te fais très mal au bras ! dit René joignant le geste à la parole et tordant le poignet du gamin à le broyer.

Ludo regarde désespérément autour de lui : c’est toujours alors qu’il n’y a pas un chat ! Ce n’est pourtant pas une heure où il n’y a personne ici d’habitude, mais voilà, aujourd’hui, personne en vue semble-t-il...

René, qui est un homme fort d’une quarantaine d’années, a tôt fait de forcer le garçon à monter dans sa vieille voiture garée à quelques mètres de là et à emmener sa proie ! Le tout n’a pas pris plus d’une minute ou deux...


Alexandre attend précisément Ludo qui ne devrait pas tarder maintenant.
Il lui a fait des crêpes car s’est son dernier goûter ici avant longtemps peut-être...

Evidemment, si la mère de Ludo devait « craquer » à nouveau, il récupérerait l’enfant auquel il s’est fort attaché en peu de temps. Mais peut-il espérer cela pour avoir Ludo auprès de lui ? Il sait bien que non, évidemment, et est même un peu honteux de cette pensée, mais il ne peut s’empêcher d’avoir le vague à l’âme...

Tout à l’heure il ira, avec Ludo, voir Lisa et lui proposer ses services demain samedi pour la ramener chez elle avec son fils : toute l’après-midi, il est déjà allé là-bas pour tout nettoyer et garnir le frigo, afin que son retour demain ne se fasse pas dans un appartement défraîchit et sinistre...

Il a pensé à mettre des fleurs dans un vase, sur la table, et à effacer les traces trop visibles du deuil qui a frappé cette maison il y a peu, comme de mettre en place les pantoufles du père qui traînaient encore, de même que sa veste dans l’entrée, etc.

Tout est à peu près rangé, à présent, et Alex a quitté l’appartement qui sent le frais et le produit de nettoyage à la lavande : tout autre chose que quand il était entré en début d’après-midi avec la clé que Ludovic lui avait confiée.

« Mais qu’est-ce qu’il fiche donc ! » se demande Alexandre en voyant que Ludo n’est pas encore arrivé...


René n’a pas tergiversé : puisque l’on ne voulait plus être « acheté », on prendrait quand même et de force s’il fallait, ça c’était encore plus excitant !

Ludo, s’il est relativement grand pour ses treize ans et demi, n’est pas très costaud, et n’est pas de force à lutter contre un homme en pleine force de l’âge...

René a emmené le gamin chez lui, l’a forcé à se déshabiller et à s’étendre sur le lit, qui est un lit à l’armature en fer, à la tête et au pied, comme on en voyait beaucoup dans le passé. Là, Ludo est attaché par les poignets et les chevilles, incapable de faire un geste à présent...

Le lieu est peu réjouissant, situé dans une espèce de taudis d’une petite rue sordide, derrière la gare du nord, que Ludo connaît pourtant pour y être venu une fois ou deux du temps où il vendait ses charmes pour manger.

- Alors, mon garçon ? On n’a plus envie de faire jouir papa René ? C’est pas gentil ça !...
- Je t’en prie, René, ne me fais pas de mal ! C’est bien mon droit, tout de même, de renoncer au sexe si j’ai envie, non ?
- Pas avec moi, fiston : t’es un trop « bon coup » pour que je t’laisses filer comme ça ! J’adore tes caresses et tu me manquais depuis un moment : tous les jours je te cherchais dans le quartier, le soir, jusqu’à ce qu’un de tes copains nocturnes, qu’on appelle « le Gavroche », m’ait dit qu’on ne te voyais plus depuis un bon bout de temps...
- Et comment m’as tu retrouvé, alors ?
- Mais par hasard, mon poulet, par ce hasard qui fait si bien les choses parfois !... Je sortais tout juste du sauna « le Dinant », rue de Dinant, tu connais ?
- De nom, oui, mais je n’y ai jamais mis les pieds...
- Ça je crois ! S’ils laissaient entrer un mineur là-dedans, ce serait du joli : il se ferait défoncer par le diable sait combien de bittes !... Il n’en sortirait pas vivant !

A cette pensée obscène, René s’est mis à rire d’un rire mauvais à gorge déployée... Il boit entre-temps du whisky bien tassé, carrément à la bouteille, et entreprends de se déshabiller à son tour, ce qui commence à effrayer quelque peu Ludovic.

- Qu’est-ce que tu vas faire, René ?
- Mais te baiser, mon joli !... Que croyais-tu donc ?

Nu à son tour, René entreprends de faire bander le gamin en embrassant tout son corps en partant des chevilles pour remonter vers le sexe qu’il englouti bientôt dans sa bouche vorace, tandis que ses mains caressent son partenaire forcé...


Alexandre a du mal à maîtriser son anxiété à présent…

L’heure passe sans lui donner de nouvelles de Ludovic. Les crêpes sont froides depuis longtemps et le café a été placé dans la bouteille Thermos pour éviter d’avoir à être réchauffé : tous ces petits gestes, Alexandre les a accomplis pour « passer le temps » et son angoisse, mais à présent il n’en peut plus et prend son téléphone pour parler à la maîtresse de Ludo.

- Allo, madame Jansson ? C’est Alexandre Maloin, le cousin de Ludovic, vous savez ? Bonsoir, madame, excusez-moi de vous déranger, mais... je suis inquiet au sujet de Ludo qui aurait dû être rentré depuis longtemps ! Ne vous a-t-il rien dit de spécial en partant de l’école ?
- Mon Dieu, non... Il avait l’air heureux de retrouver sa maman, demain, comme il me l’a expliqué. Depuis notre rencontre, je fais beaucoup plus attention à lui, vous savez, et le contact entre nous est excellent : si quelque chose avait dû le chagriner, il me l’aurait dit, j’en suis sûre !
- Je vous crois, mais cela ne me rassure pas du tout : voilà une heure au moins qu’il aurait dû être rentré...
- Ne serait-il pas allé voir une dernière fois sa mère en clinique avant qu’elle rentre demain ?
- En fait, il était prévu que nous allions la voir ensemble après le goûter et ses devoirs faits. Je suis moi-même allé à leur appartement cet après-midi pour tout rendre accueillant ! Et voilà qu’à présent il disparaît ! Je suis très inquiet...
- Téléphonez tout de même à la clinique, on ne sait jamais ce qui se passe dans la tête d’un enfant, même grand !
- C’est vrai, je vais tout de même essayer cela...
- Tenez-moi au courant, voulez-vous ?
- Bien sûr ! A bientôt, madame Jansson.

Alexandre n’est pas plus rassuré lorsqu’il téléphone à Lisa avec la peur de l’inquiéter en plus. Il essaie donc de prendre un air détaché pour lui parler :
- Allo, Lisa ? Bonsoir... Comment cela va-t-il aujourd’hui ?
- Mais bien, Alexandre... Ne deviez-vous pas venir me voir tout à l’heure avec Ludovic ?
- C’est exact, mais il n’est pas encore rentré... Oh, vous savez, je ne m’inquiète pas trop : cela lui arrive de passer chez un copain pour comprendre un devoir ou quelque chose du genre avant de rentrer... Mais je me disais qu’il pouvait aussi être passé chez vous ?
- Non, pas du tout ! S’il savait que vous alliez venir ensemble tout à l’heure, il n’y a pas de raison à ce qu’il vienne plus tôt ici, ce n’est pas son genre !...

Les paroles de Lisa ne rassurent pas Alexandre, mais il tente de n’en rien laisser paraître...

- Eh bien, à tout à l’heure sans doute, Lisa. Ludo ne va sûrement plus tarder, et j’ai eu tord de m’en faire...
- C’est ça, à tout à l’heure... Mais s’il ne rentre pas à temps, téléphonez-moi quand même pour me tenir au courant, hein ?
- Bien sûr, Lisa, bien sûr... Allez, au revoir.


René n’a pas fort à faire, durant ce temps, pour arriver à ses fins et bientôt, c’est un Ludo quasi consentant qu’il est arrivé à « mettre en conditions »...

Pour commencer, l’abuseur détache les chevilles et une main de sa victime, gardant encore, par prudence, une main entravée. Ainsi, les caresses peuvent se préciser encore et permettent bientôt au vicieux René d’abuser totalement du garçon en lui soulevant les jambes sur ses épaules à lui et abuser plus facilement de l’enfant abandonné...

Satisfait, il se couche ensuite, après avoir encore bu une grande rasade de whisky, et s’endort tout doucement, oubliant d’entraver à nouveau Ludovic.

Ce dernier, malin, fait l’endormi jusqu’à ce que René ronfle pour de bon et alors seulement, mais prudemment, il détache son autre main et sort du lit en faisant effort pour ne pas faire craquer celui-ci ni réveiller son autre occupant.

Avec d’infinies précautions, le garçon s’habille prestement et récupère sa mallette... Il sort très doucement mais, chipant la clé qui est sur la porte, il enferme son bourreau derrière lui et s’échappe ensuite prestement dans la rue.

Il va vers le coin de la rue pour lire l’endroit où il se trouve tout en faisant le numéro de GSM d’Alexandre, et celui-ci répond aussitôt :
- Allo, Alexandre ?
- Ludo ! Où étais-tu, mon Dieu, j’étais follement inquiet !
- Alexandre ! J’ai été enlevé par un de mes anciens clients... Je suis au coin de la rue Verte et de la rue de la Chaumière où j’ai été emmené...
- Ne bouge pas, j’arrive ! Cache-toi dans une encoignure de porte, au besoin ! Mais reste en contact avec moi, ne raccroche pas ! Même si tu ne peux pas parler, moi je t’entends.
- OK, fais vite, je t’attends, mais j’ai peur que René ne se réveille et remarque mon absence...

Alexandre a senti l’angoisse dans la voix du gamin... Il n’est cependant pas resté inactif, mais a foncé sur sa voiture et roule déjà à tombeau ouvert vers le boulevard Pachéco, via la gare Centrale, pour arriver plus vite près de la gare du Nord près de laquelle il connaît cette rue verte signalée, parallèle à la rue de Brabant qui est un peu plus bas.

Etant resté en contact avec Ludo, il ne lui faut pas plus de dix minutes pour récupérer celui-ci à son coin de rue.

- Mon Ludo ! J’ai eu si peur !
- Bah, moi aussi un peu, mais je savais ce qu’il voulait : du moment que je ne résistais pas trop, je savais qu’il ne me ferait pas de mal...
- Tu vas quand même me dire où se trouve ce salaud que j’aille lui donner la correction qu’il mérite !
- Je voudrais bien voir ça... Viens je te conduis !

Et Ludo montre le chemin à un Alexandre furibard, sa colère décuplée par la peur qu’il a eue...

Ils sont bientôt devant la porte fermée à clé par Ludovic, et Alexandre recommandant à l’enfant de rester sur le palier, pénètre en trombe dans la chambre.

La fureur lui fait oublier toute prudence et il se précipite sur un René qui s’éveille en sursaut, les vapeurs de l’alcool le faisant bredouiller.

Alexandre lui hurle sa haine et le tabasse bientôt avec une telle violence que Ludovic, resté en arrière, le retient :
- Arrêtes, Alex ! Tu vas le tuer !...

La voix du gamin a le don de faire tomber la fureur d’Alexandre qui se rend compte qu’il tabasse le gars en pensant sans doute à tous les pédophiles qu’il exècre !

Mais en effet, il en a fait assez : René n’est plus qu’une loque misérable sur son lit, ensanglanté par une arcade sourcilière mal en point...

Sa colère tombée, Alexandre prend une bassine d’eau et entreprends de laver le visage de René, tout en sermonnant ce dernier qui se demande encore quel cyclone vient de lui tomber dessus !

- Voilà ! dit encore Alexandre, vous êtes à peu près présentable à présent. Mais si jamais vous touchez à nouveau un cheveu de Ludovic, je sais où vous trouver et je viendrai vous faire la peau !...
- Va te faire foutre !... répond René encore anéanti.
- Tu vois, fallait me foutre la paix ! ajoute à son tour un Ludovic quelque peu triomphant.
- Mais j’tai quand même baisé gratis, petit con !... répond René avec un large sourire qui ressemble à une grimace.

Alexandre se retient à peine de frapper à nouveau ce visage qui les provoque, mais Ludovic le retient et le tire par la manche vers la sortie.

- Viens, Alexandre, il n’en vaut pas la peine...

.../...


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