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 Amélie NOTHOMB

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MessageSujet: Amélie NOTHOMB   Mar 20 Juin - 14:17

L'entrée du Christ à Bruxelles, une nouvelle inédite d'Amélie Nothomb, ELLE/Albin Michel, 47 pages

Mon avis : purement commercial - se veut un conte (rappelle étrangement les contes de "brillant comme une casserole", mâtiné vaguement de l'intrigue de "Hygiène de l'assassin"). Aucun effort de vocabulaire, on sent que la Nothomb essaie de "rameuter" un nouveau public.... en attandant sa "biographie de la faim", qui d'après les premières pages (voir extrait dans le magazine LIRE de juillet-août) n'a pas l'air folichon non plus...

On ne retrouve plus le style de la romancière. C'est à se demander si ses détracteurs qui annonçaient des plagiats à ses débuts n'avaient pas complètement tort.... pourquoi cette descente en chute libre, tant au niveau des intrigues que de son style ? Si elle n'a plus rien à dire, autant prendre une ou deux années sabatiques et réviser ses copies...



Les catilinaires

Mon avis :

Un huis-clos étouffant ou comment rendre les gens fous en s’incrustant chez eux et en les emmenant au crime.

Dans cette histoire arrive le premier « monstre » d’Amélie Nothomb : la femme du squatteur. L’auteur ne fait pas dans la dentelle et fait ressortir de cette histoire que seule la disgrâce physique extrême (voir également « attentat ») est digne d’intérêt. Cette fascination morbide de la laideur dérange. Par contre, le trio Emile-Juliette-Palamède (où va t-elle chercher ces bizarroïdes prénoms ?) est psychologiquement très bien étudié : la présence de Palamède pèse autant sur les nerfs du lecteur que sur ceux du couple. J’ai bien aimé le décorticage de la relation du couple face au voisin dérangeant, étude montrant à quel point il est facile pour tout un chacun de laisser entrer dans sa vie des « sangsues » pour ne plus oser ensuite s’en débarrasser sinon par des moyens extrêmes.

J’ai beaucoup aimé cette histoire.


AMELIE NOTHOMB : UN PERSONNAGE A « PERSONNALITES MULTIPLES »

Amélie Nothomb (née Fabienne NOTHOMB, en juillet 1966) dit être née à Kobe au Japon le 13 août 1967 et avoir vécu son enfance en Extrême-Orient. Elle serait arrivée en Belgique vers l’âge de 17 ans.

Passons les études et plongeons nous directement dans ses romans :

On retrouve dans la plupart de ses romans des « appels » à ses lecteurs : dates à relier (le 13 août apparaît comme date de naissance d’un de ses personnages è lien à faire avec sa date supposée de naissance) ; évènements pseudo biographiques ( « comportement à la limite de l’autisme ou légumisation »dans « métaphysique des tubes » ; expérience professionnelle dans « stupeur et tremblements » ; amour fou pour une petite fille dans « le sabotage amoureux » ; anorexie dans « robert des noms propres », etc…n’oublions pas la fameuse tentative de suicide à 2 ans par noyade, bien entendu, de la jeune héroïne de « métaphysique des tubes ») ; le fameux mot « pneu » qui d’après son « lectorat » de fans éperdus apparaît dans chacun de ses romans ; bref, autant de liens calculés entre le lecteur et l’auteur.

Les points communs de tous ses romans sont la folie, les assassinats, les relations incestueuses ou incestuelles, les parents incapables d’assumer leur rôle de parents (parents sexuellement inexistants)…

Une telle sera noyée par son cousin amoureux (le symbole de l’eau étant la Mère, on appréciera l’image), telle autre mettra son père biologique à mort (complexe d’Œdipe ou réel souci ?), un tel tombera amoureux de sa fille (re-belote), ou de sa sœur (et 10 de der !) , des parents demandent à leurs enfants de « mériter leur amour » (expliqué par l’auteur elle-même lors d’un forum : à sa demande de l’aimer davantage, sa mère lui aurait répondu qu’elle devait le mériter…

Amélie déclarera à M. Labro dans « ombres et lumières » qu’aucun enfant ne doit obtenir d’emblée l’amour de ses parents, mais qu’au contraire, l’enfant doit séduire son parent….. ouille ouille ouille !

Sur le plan psychologique et symbolique, l’écrivain me semble « borderline » (sur un fil entre la normalité et la folie) : voir par exemple le comportement de l’héroïne de « stupeur et tremblements » (entre autres la scène se passant de nuit où l’héroïne pique une crise de folie et parcourt les bureaux de sa société nue comme un ver, pour finir sous un bureau, recouverte de déchets pour se réchauffer), voir le comportement de la jeune héroïne de « métaphysique des tubes » (description typique d’un cas d’autisme lors des 2 premières années), dans « hygiène de l’assassin » un homme pervers se voit aculé et contraint à l’humiliation par sa fille biologique, dans « robert des noms propres », on assiste aux conséquences de l’amour déviant d’une femme déviante à l’égard d’une enfant à la limite de la normalité ; dans « antechrista », on assiste à la manipulation perverse d’une jeune fille sur une autre plus faible et du non-amour des parents de la dite-jeune fille auprès desquels il faut « mériter » cet amour …. Quant aux nouvelles « sans nom » mettant en scène un homme qui va trouver l’orgasme en rêve et passer sa vie à se satisfaire ainsi lors de ses périodes de sommeil et « l’entrée du christ à bruxelles », tissu d’inepties à la gloire de la jalousie, des tentatives de meurtre sur un bébé qui gêne pour finalement se retrouver avec une relation incestuelle (l’homme est amoureux d’une jeune fille qu’il voulait être sa fille d’une part et qui se retrouve être sa « sœur » adoptive puisque le père de cette fille n’est autre que le père « adoptif » de cet homme…), me laissent songeuse : l’auteur se moque t’elle de nous, ou est-elle vraiment « limite » ?

Dans « mercure », un homme et une femme (2 versions d’une même histoire) se disputent par un comportement pervers et manipulateur la propriété d’une jeune femme prisonnière ; dans « les catilinaires », c’est une fois de plus un couple (amoureux depuis l’enfance : encore une fois, bonjour l’étude de l’enfance) qui décide de tuer un être qui les dérange dans leur vie, pour « sauver » une misérable créature… ode à la laideur et la malformation (citons au passage de nouveau le problème de la nourriture, rappel de l’anorexie qu’aurait vécue l’auteur et dont elle reparlera dans « Antechrista »)

On oscille au travers chacun de ses livres entre l’amour pour le même sexe, l’amour envers un parent (ou un descendant, ou une sœur), et les assassinats, de préférence par noyade (si ce n’est par noyade physique, c’est par noyade psychologique). Dans « Métaphysique des tubes », elle se « noie » dans une piscine sous les yeux d’une personne qui ne fait rien pour la sauver et est folle amoureuse de sa sœur.

Où est la haine dans tout cela ? le narrateur semble incapable d’éprouver colère ou haine ; la passivité ressort de chacune des histoires (entre autres dans « mercure », « attentat », « robert des noms propres », « antechrista », etc…) comme s’il était normal de souffrir ou de faire souffrir. La moralité est ignorée, voire déviante et le lecteur est obligé de chercher d’autres explications pour aller un peu plus loin.

Mais ainsi que je me le suis toujours demandé, faut-il réellement chercher à comprendre afin de trouver un intérêt aux choses ?

Et la colère ? ce sentiment « normal » permettant d’évacuer les trop pleins de la vie quotidienne ? on ne la voit pas non plus… il y a toujours une sorte d’acceptation du mal, de l’intrusion et de la manipulation d’autrui, comme s’il était normal de se laisser avoir par l’Autre…

A côté de cela, un style très différent d’un roman à l’autre, mais de moins en moins précis ou recherché au fil des années. Lors de la parution de « hygiène de l’assassin », certains auraient crié au plagiat… je n’irai pas jusque là (tout un chacun peut avoir un trait de génie au cours de sa vie ou de sa carrière) mais tout de même, si on compare les 3 ou 4 premiers romans avec les 3 ou 4 derniers…. Ça laisse rêveur. La qualité d’écriture s’est envolée avec le nombre de pages ; les mots sont toujours à rechercher dans le dictionnaire de temps à autre, mais cela finit par choquer ou gêner au lieu de couler de source car quelle est l’utilité d’utiliser des mots compliqués dans un texte bas de gamme ?

Laissons les romans de côté et regardons les textes mis en musique pour la chanteuse Robert… là-aussi il y a problème (symboliquement ou psychologiquement, bien sûr). Ces aveux de désir de destruction de l’Autre, de soi, cela fait peur… franchement, quelqu’un qui m’écrirait un texte comme celui de « la succube » ou encore « requiem pour une sœur perdue », moi, je m’inquièterai…autant écrire noir sur blanc « côtoie-moi et je te phagocyterai et te tuerai… de nouveau le meurtre mais psychique cette fois-ci car quelqu’un va le chanter, sans se rendre compte de la signification ( à moins que l’interprète soit également « borderline ») car qui de sensé accepterait une telle relation passant dans la destruction de l’un pour la vie de l’autre ?

De la même façon que l’araignée tisse sa toile pour attraper sa pitance et « changer les bonnes viandes en venin » (Troyat), Amélie attire et manipule les foules. Autour d’elle gravitent 3 sortes de lecteurs : le fan pour qui elle est « la déesse », le lecteur à qui la lecture suffit (bienheureux) et bien sûr le lecteur qui se fera « manger » par la belle. De premier abord, Amélie est souriante, serviable, de bonne composition ; elle semble modeste, parle un excellent français et est extrêmement intelligente. Elle répond à son courrier, signe autant d’autographes qu’en désirent les lecteurs (il n’est pas rare de voir des lecteurs avec 4 ou 5 bouquins dans les bras : elle les signe tous avec le sourire). Mais Amélie ne se contente pas de répondre aux avances de son « lectorat », elle les devance en recrutant également dans ceux qui passent devant elle, avec un instinct de conservation qui lui permet de piocher à coup sûr la pauvre personne qui lui servira … qu’elle videra et jettera… jusqu’à la prochaine.

Elle ne livre rien d’elle-même et quand elle le fait, rien ne sert de comparer les informations, ça ne colle pas. Amélie se veut « wonder woman » mais vit par procuration… Bien sûr, pour ne pas être déçu, mieux vaut en rester à la relation lecteur-livre…



Stupeur et Tremblements

Mon avis :


Dans Stupeur et tremblements, la narratrice est engagée dans une société japonaise, au japon, en tant qu’interprète. Or elle va se heurter dès les premiers jours à l’animosité d’un de ses responsables hiérarchiques, qui lui interdit , entres autres, de prononcer un seul mot en japonais ! le comble. De plus, elle tombe amoureuse de sa supérieure directe, Fubuki, une jeune femme aussi garce que belle. Heureusement, un employé compréhensif lui donnera du travail à faire, ce qui lui promet de belles journées, mais ce travail n’aura pas l’heur de plaire et de fil en aiguille, de crise de folie en crise de folie, elle se retrouvera dame-pipi ! Mais l’honneur belge sera sauf puisqu’elle ne démissionnera pas et finira son contrat !

Amélie Nothomb fait passer ce livre pour autobiographique. Mais les rumeurs vont bon train : ce serait en fait l’histoire de sa sœur Juliette, voire l’écriture de sa sœur ! On ne saura jamais la vérité mais j’avais personnellement demandé lors d’une rencontre à Amélie de me traduire quelques mots simples (« soleil » , « lune »… etc) non pour vérifier sa connaissance (loin de là) mais pour les écrire sur des marque-page à l’aquarelle que je préparais pour une exposition. Elle m’a répondu, désolée de ne pouvoir m’aider, qu’elle ne parlait pas le japonais !!!! (c’est d’ailleurs un jeune étudiant en langues asiatiques qui discutait avec nous qui me les a traduits !

J’ai été très étonnée (et déçue) et lui ai demandée comment cela se faisait : elle m’a répondu qu’elle était née au Japon mais l’avait quitté très jeune enfant et ne pouvait donc pas se souvenir de la langue ! (là, je me suis demandée comment elle avait pu être traductrice pour une grande société là-bas… mais je n’ai pas osé lui poser la question) – je suis donc passée au chinois : re-belote : elle n’en connaît que quelques mots : comment écrire son nom, le mot « pluie »….là, je me suis dit : il y a un souci ! Mais je n’ai pas cherché plus loin… j’étais fan ! et quand on est fan, on trouve plein d’excuses à ses idoles !

Bref…. En ce qui concerne l’écriture et le style de ce livre, c’est très fluide, simple, drôle par moments mais il vaut mieux chercher une explication psychologique et/ou symbolique si on veut rendre sa lecture intéressante car franchement, ça ne vole pas très haut !

La narratrice est à la limite d’être cinglée (elle se balade nue la nuit sur les bureaux, se couche et dort sous les dits bureaux, se recouvrant des détritus contenus dans les poubelles pour avoir chaud – alors qu’il lui suffirait de se rhabiller ! etc.)

Cette histoire peut illustrer le harcèlement moral en milieu professionnel et la démesure des japonais à obéir sans réfléchir, la solution étant de se « suicider » en se défenestrant, ce que fait quotidiennement psychologiquement la narratrice, de sa fenêtre des toilettes ! Mais mieux vaut ne pas chercher à trop comprendre et prendre la lecture au 1er degré, histoire de sourire de temps en temps...

Métaphysique des tubes

Mon avis :


revoilà de « l’autobiographie » ! si l’on accepte que les souvenirs puissent remonter aussi loin, l’histoire désastreuse de cette relation parents-enfants est à peu près crédible. L’histoire met en scène la petite Amélie, qui dès sa naissance, refuse de communiquer. L’enfant (enfin, le nourrisson) se terre dans un silence dévastateur dont elle ne sort que pour hurler !!!! Lors d’une vite de la grand-mère, celle-ci, ne se laissant pas émouvoir plus que ça, tend une barre de chocolat blanc à l’enfant, qui découvre le goût du chocolat et se met illico presto à communiquer ! et surtout à cesser ses hurlements. Cependant, être sortie de cet autisme ne signifie pas que mentalement la narratrice n’a pas de séquelles : elle tombe éperdument amoureuse…. De sa sœur ! passant des nuits blanches à simplement l’observer.

Bien entendu, il faut aussi de la haine : donc l’enfant déteste son frère (dans la vraie vie, Amélie haïrait également son frère) ; la servante japonaise hait l’enfant (au point de la regarder se noyer dans une mare à carpes) tandis qu’une cuisinière ADORE l’enfant et lui sert de substitut maternel puisque ses parents ne lui servent à rien…

L’eau (symbole de la mère en psychologie) joue un rôle très important dans cette histoire (tout comme dans d’autres écrits d’Amélie) : l’enfant en effet quête désespérément l’amour de sa mère (qu’elle n’obtient pas car comme le dit l’écrivain en interview « le parent n’a pas à aimer son enfant, l’enfant doit séduire son parent pour mériter de s’en faire aimer ») ; elle tente de se noyer dans une mare (présence de nouveau de l’eau, étouffante cette fois : la mère « bouffe » tellement son enfant que l’enfant se noie en elle, ne pouvant trouver ce qu’elle cherche) mais cette mare contient des carpes (qui dans l’esprit de l’enfant sont l’animal parfait : des bouches !) : parallèle entre le poisson qui vit dans l’eau comme le fœtus dans le ventre de sa mère, entre les carpes qui ne sont que des bouches alors que l’enfant refusait de manger ; ce qui ramène aux aliments acceptés par l’enfant : le chocolat en effet est un aliment sucré : or on sait que quelqu’un de dépressif trouvera inconsciemment du réconfort dans les sucreries, celles-ci adoucissant littéralement la vie de l’individu.

En résumé, une histoire à interpréter… qui révèle une inadaptation de l’enfant dans le monde dans lequel elle vit. Le rôle des parents montré sous un jour apparemment positif mais qui se révèle en fait d’une destruction totale de la personnalité d’un enfant.


Journal d'hirondelle

Mon avis
: un texte inintéressant, à lire en 30 mn le temps d'un verre de coca à la Fnac un jeudi soir..... je n'y ai retrouvé ni le style d'Amélie, ni ses mots recherchés.... que des maux de tête à essayer de comprendre ce qu'elle fait.

J'en viens à me demander, vue cette médiocrité, si ce livre ne sortirait pas d'un de ses tiroirs.... l'un de ses "40 enfants" ? On est bien loin des premières publications... de moins en moins de pages et des personnages "brouillard".

Déception !

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