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 "LE LION D’OR"

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MessageSujet: "LE LION D’OR"   Ven 20 Fév - 20:23

De : 78hugo (Message d'origine) Envoyé : 15/09/2007 22:28

LE LION D’OR


Le fauve était crasseux et injuste

Et tenait dans ses pattes rustres

Une petite vie qui commençait
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MessageSujet: « Au lion d’or, hôtel meublé »   Ven 20 Fév - 20:24

De : 78hugo Envoyé : 15/09/2007 22:29

« Au lion d’or, hôtel meublé »

En ce temps là, nous habitions à Chelles. Chelles est une ville située à une dizaine de kilomètres de la capitale.
Nous avions, mes parents et moi, un logis dans un immeuble en face de la gare. Le dit immeuble était situé à coté d’un pont de chemin de fer: les trains tirés par des locomotives à vapeur passaient au niveau du deuxième étage de la bâtisse à une trentaine de mètres de celle-ci. Un magasin de vente et de réparation de deux roues s’intercalait entre la bâtisse et le remblai de la voie de chemin de fer. Chaque fois qu’un train circulait sur ce pont, celui-ci vibrait et les vibrations se propageaient aux infrastructures de l’immeuble. Le souffle puissant des monstres d’acier émettait un bruit assourdissant et des plus incommodant. C’est surtout pendant la nuit, que le bruit devenait des plus perturbant et qu’il nous avait maintes fois sorti du sommeil .Les premières semaines dans ce logement avaient été des plus difficiles. Plus tard, nos corps deviendront moins sensibles à cette nuisance et le tintamarre et les trépidations faisaient parties du décor. Il faut croire que l’homme peut s’adapter à tous, en tout cas en apparence .Les cheminées des locomotives expulsaient d’épaisses volutes de fumée noirâtre chargées de poussière de charbon. Cette poussière restait en suspension dans l’air qu’elle empestait, puis finissait par retomber, noircissant les murs et les toits, et salissant tout aussi bien les vitres des fenêtres que l’intérieur des logis. Il arrivait qu’elle souille aussi le linge que l’on avait pendu dehors, pour que celui-ci sèche plus rapidement.
L’immeuble était de trois étages. Au rez-de-chaussée, il y avait un magasin de lingerie féminine. Le reste des étages était occupé par un hôtel meublé, enfin c’est ce qui était écrit sur la façade : « Au lion d’or, hôtel meublé ». En fait, le seul mobilier qui agrémentait chaque chambre était constituée d’une table sans âge, venant probablement d’un ancien bistrot, de quatre chaises du même style et d’un lit.
Le papier peint pisseux résistait au temps depuis des décennies et, parterre, il y avait un linoléum couleur ocre, qui bien que pas tout jeune, était largement plus plaisant à regarder et plus facile à garder propre que le plancher en bois que celui-ci recouvrait. Ce même plancher, on le retrouvait sur chaque palier .L’escalier avait aussi des marches en bois, creusées en leur milieu par l’usure du temps. Pour compléter ce tableau idyllique, la peinture des murs de la cage d’escalier et de ceux des différents couloirs était d’un blanc sale, un blanc d’avant guerre, un blanc chargé de crasse historique, en quelque sorte.
Pour en finir avec les éléments de confort de l’endroit, il y avait l’eau courante, bien sûr, mais sur le palier, quant aux nécessaires commodités, les toilettes, elles trônaient au premier étage à un seul exemplaire, et bien sûr elles étaient à la mode turc. Un seul lieu d’aisance, c’est peu pour un immeuble de trois étages : les utiliser demandait une bonne dose de stratégie, de patience et pas mal de courage. Ainsi, chacun devait se débrouiller avec les moyens du bord –le pot de chambre était d’actualité- ou bien utiliser des ruses de sioux pour prendre possession des lieux quand ceux-ci étaient disponibles.
En fait, l’hôtel n’avait d’hôtel que le nom et la totalité des pensionnaires logeaient là depuis des mois, voir des années. Ces gens semblaient s’accommoder du peu de salubrité de l’endroit et ce, probablement, à cause de leur manque de moyens. En outre, l’immeuble étant situé en face de la gare et il suffisait de vingt minutes en train pour atteindre le cœur de Paris. Cette situation particulière faisait qu’il était pratique pour eux de résider là. De plus Chelles, en ce temps là, était une ville calme et raisonnablement correcte comparé à certains quartiers de Paris ou de certaines villes de la proche banlieue.
Au début, nous habitions au troisième étage et nous n’avions qu’une modeste chambre. Je dormais dans un petit lit. Celui-ci était situé cote à cote avec celui de mes parents. Bientôt, nous aurions la jouissance de la chambre mitoyenne, et mon père, muni des autorisations adéquates, entrepris de percer la cloison et de créer une porte dans le mur mitoyen aux deux chambres. A partir de ce moment là, l’endroit ressemblerait plus à un appartement. Plus tard encore, nous obtiendrions l’appartement du premier étage, celui qui était occupé par les propriétaires : deux sœurs d’un certain âge qui n’avaient pas exactement toutes leurs têtes. En fait, tout cela arriverait au fur et à mesure des événements que je vais conter.
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MessageSujet: Re: "LE LION D’OR"   Ven 20 Fév - 20:25

De : 78hugo Envoyé : 15/09/2007 22:30

Comment étions nous arrivé à habiter là ?

Nous étions ce que l’on appelle communément des « pieds noirs » : nous venions d’Algérie. Au fait, pourquoi nous appeler « pieds noirs » : nos pieds ont la même couleur que tout un chacun. Je pose la question car certains personnages, plus « malins » et narquois que d’autres, me posèrent la question de nombreuses fois. Comme on dit à l’église : « Heureux les simples d’esprits… ». Ce sobriquet vient du fait que quand les troupes françaises débarquèrent en Algérie, les indigènes les appelèrent « pieds noirs » en référence aux bottes de cuir noir dont ces militaires étaient chaussés. Donc nous étions des « pieds noirs » et en 1959 mon père, qui ne se faisait plus d’illusions sur l’issue des « événements d’Algérie » (termes consacrés à l’époque), avait décidé de venir en « métropole » (encore un terme usité à l’époque) puis, dès que possible, il devait venir nous chercher. En fait, cela lui a pris un an pour y arriver. Et encore, il a fallu l’aide de son patron de l’époque qui, le voyant triste et déprimé, lui demanda quel était son problème. Après qu’il sut ce qui se passait, il dit à mon père qu’il lui prêtait l’argent nécessaire au voyage et qu’il pouvait prendre le temps qui lui serait nécessaire pour aller nous chercher. Il y a de brave gens dans ce monde ! Ainsi, mon père put faire ce qu’il avait promis à ma mère. Nous sommes arrivés à Paris le premier janvier 1960. Quelle célébration de nouvel an ! J’avais quatre ans et demi. Il nous conduisit dans sa modeste chambre d’hôtel. Quel ne fut pas le désespoir de ma mère, quand elle découvrit l’endroit minuscule où vivait mon père. Elle pleura beaucoup. Mon père se mit, rapidement, en devoir de trouver un autre endroit pour vivre, et quelques semaines plus tard, nous aménagerions à Chelles.
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