LIRE & ECRIRE

Ce groupe se veut ouvert à tous ceux qui aiment la musique des mots de notre belle langue française. Il aurait pu s'appeler nid de plumes, puisqu'il a vocation de réunir les amis de l'écriture... comme de la lecture !
 
AccueilFAQS'enregistrerConnexion
Rechercher
 
 

Résultats par :
 
Rechercher Recherche avancée
Forum

Partagez | 
 

 "LE CHAPEAU GRIS"

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
admin
Admin
avatar

Messages : 503
Date d'inscription : 15/11/2008
Age : 64
Localisation : Belgique

MessageSujet: "LE CHAPEAU GRIS"   Ven 20 Fév - 20:15

De : 78hugo (Message d'origine) Envoyé : 14/04/2007 12:25
LE CHAPEAU GRIS

Tout avait commencé dans cette gare, ou j'attendais le train qui me conduirait chez moi. Il faisait froid sur ce quai. C'était le printemps, bientôt l'été, mais le temps s'acharnait à changer de jour en jour, comme si Dieu jouait avec lui comme avec une balle de tennis qui n'en finirait pas de rebondir d'un coté, puis de l'autre. Ainsi, il faisait beau quand je sortais de chez moi le matin, et maintenant les prémices de l'automne me faisaient frissonner sous mes vêtements légers. Je décidais donc d'aller m'abriter dans un café, et d'avoir une consommation chaude. Quoiqu'il en soit mon train ne partirait que dans une heure.

Assis à une table au fond de la salle, je dégustais un chocolat chaud et observais les gens autour de moi. Celui la n'arrêtait pas de regarder sa montre, angoissé qu'il était de ne pas rater son train, celui ci lisait un magazine de bande dessinée avec la jubilation qui est le signe de ceux qui refusent de devenir complètement adulte, un autre finissait un rapport qu'il devait sans doute remettre au plus tard le lendemain matin à la première heure, sans oublier l'inévitable couple d'amoureux, qui jurait que leur amour serait éternel et que leur séparation, pour cause de visite a un vielle oncle malade, ne l'entamerait pas. Rien que du banal, rien qui me permettait de tromper mon ennuie, rien, à part l'homme au chapeau gris.

Il était assis à l'autre extrémité de la salle. Son chapeau, posé sur la table, cachait ses mains que l'on devinait sagement croisées sur le bois vernis. Il était vêtu d'une paire de jeans et d'une chemise, bleu délavé et d'une veste du même gris que son feutre à large bord. Son corps rond et le sourire qu'il arborait montraient une certaine jovialité et tout son être inspirait confiance. Pourtant ses yeux, d'une grande mobilité, trahissaient comme un sentiment de crainte. Je prie une feuille de papier, je me mis à griffonner et continuai à l'observer à la dérobée. Pour tromper mon ennuie, j'ai l'habitude de dessiner de petits bonshommes. Ce sont de petits diables à qui il arrive des tas de mésaventures. Je l'observais depuis un bon moment, ne le quittant des yeux que de brefs instants pour parfaire mon ouvrage. Je ne le regardais plus depuis quelques minutes, quand je m'aperçu qu'il était parti en abandonnant son "borsalino" sur la table.

"Ainsi, vous aussi vous les avez vus. Je vous prie de m'excuser, je ne me suis pas présenté : Hugo, Hugo Victor, comme l'autre mais dans le désordre, comme l'est ma vie d'ailleurs. Ainsi, vous aussi vous les avez vus. Je l'ai su dès que je vous ai vue entrer, et le fait que vous m'observiez a conforté mon opinion. Ainsi, vous aussi vous les avez vus ! Notez que je ne vous reproche pas de m'avoir observé : entre élus, c'est comme ça. Nous nous cherchons toujours au milieu de la foule "des autres», et nous nous reconnaissons rapidement. Mais je bavarde, je bavarde, j'espère que je ne vous ennuie pas trop avec mes propos. Sans doute non, sinon vous me l'auriez déjà fait savoir. Mais, vous permettez que je m'assoie, ce sera plus pratique pour discuter. Quoiqu'il en soit votre train ne part pas maintenant, il reste encore une bonne quarantaine de minutes, n'est ce pas?"

Il était apparu à mes cotés, comme par enchantement, avait parlé d'une seule traite, comme si son discours était un message enregistré à l'avance. Il tenait des propos si étranges et je l’écoutais avec attention. Il savait même à quelle heure mon train allait partir. Rien de tout ces événements ne m'avait réellement surpris : c'était comme si je m'attendais à tout cela. Je me surpris, même, à être profondément intéressé par ce qu'il me disait. En quelques mots je lui demandai des explications.

"Ils sont là et vous le savez ! Mais ne craignez rien, ils ne vous veulent pas de mal : vous êtes un élut ! Une sorte de témoin de leurs mauvaises actions. Vous vous demandez comment je vous ai reconnu : ce sont ces petits diables qui parsèment ce papier. Vous allez me dire que c'est juste une manie, que c'est juste le moyen de passez le temps et que, quoiqu'il en soit, vous avez toujours agit comme ça. Peut être, peut être pas, vous savez la plupart de nos comportements tire leur origine de l'enfance, car seul un être pur peut les apercevoir autrement que dans ces rêves. Qui sont-ils? Nos doubles, des sortes d’extra terrestres venus du plus profond de nos âmes. Comment se manifestent-ils ? N'avez vous jamais souhaitez qu'il arrive quelque chose à celui qui est installé en face de vous, par exemple lors d'un repas d'affaire ? Cela lui rabattrait, assurément, le caquet. Et puis l'incroyable survient, son verre tombe et vient asperger sont si beau pantalon à l'endroit ou c'est des plus gênant, déclenchant, ainsi, l'hilarité générale. Ou bien votre voiture est mal garée, à travers les vitres du café ou vous vous trouvez, vous voyez un policier vous verbaliser. Vous le maudissez et souhaitez qu’il soit puni. Quand il repart, après son méfait, il glisse sur une déjection canine, et tombe sur son derrière dans le caniveau remplit d'eau sale. Mais il se fait tard. Il faut que je parte maintenant. J'ai été très heureux d'avoir fait votre connaissance, vraiment très heureux."

Puis il partit comme il était venu, et avait disparu rapidement à ma vue, comme happé par la foule. Pendant son monologue, ses mains jouaient avec son feutre: celui-ci avait mystérieusement disparu de l'endroit ou il l'avait laissé, pour réapparaître, de manière étrange, dans ses mains lorsqu'il s'assit à coté de moi.

Tout cela me laissai perplexe, et je me maudissais d'avoir écouté ce fou, en me promettant de l'oublier au plus vite. Quoiqu'il en soit, souvent quand il se passe des petits incidents, je ne peux m'empêcher de penser à cette rencontre. Après tout, peut être n'était-il pas si fou !
Revenir en haut Aller en bas
http://gaykoala.skyrock.com/profil/
admin
Admin
avatar

Messages : 503
Date d'inscription : 15/11/2008
Age : 64
Localisation : Belgique

MessageSujet: Re: "LE CHAPEAU GRIS"   Ven 20 Fév - 20:16

Réponse
Conseiller Supprimer Message 2 sur 2 dans la discussion

De : Curieux31 Envoyé : 18/04/2007 10:06

Salut Hugo,

Interessant, et un peu bizarre cette aventure assez ésotérique.

On est pris jusqu'à la dernière ligne, par le mystère de l'homme au chapeau
gris. Etait-il fou ? Etait-il réel... ou imaginaire ?.

Amitiés de Jul.
Revenir en haut Aller en bas
http://gaykoala.skyrock.com/profil/
 
"LE CHAPEAU GRIS"
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» La fille au chapeau gris.
» Mini chapeau style "Lollita" et accessoires...Photo 27/01
» IRON-MAN 60' "gris" (grey)
» IRON-MAN 60' "gris" (grey)
» HULK "nouvelle version / retro gris" (grey)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
LIRE & ECRIRE :: "Les délires d'Hugo"-
Sauter vers: