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 Chapitre 1

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MessageSujet: Chapitre 1   Mar 27 Jan - 17:19

Peg de mon Cœur.

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Jacques Sanderus marque sa surprise en lisant le pli remis par un motocycliste du Sénat.

« Madame le Sénateur A. Langevin serait désireuse de rencontrer le commissaire Sanderus à sa plus proche convenance. »

Incrédule, il contemple le carton qui portait les armoiries nationales, des bouffées de souvenirs très anciens revenaient à sa mémoire, il revoit tout à coup Madame Langevin dans sa jeunesse, tant d’énergie dans ce corps si frêle.

Il y a bien longtemps, la jeune militante s’était manifestée dans l’affaire Garnerin, un affreux chef de la Mafia qui organisait des cambriolages avec sa bande de truands.

Le procès tumultueux avait rassemblé tous les éminents juristes du Royaume. Garnerin n’avait pas été arrêté sur le fait, mais reconnu par quelques témoins comme le chef de la bande, la police n’avait pas tardé à l’incarcérer.

Condamné à huit ans de prison malgré ses dénégations, le jury avait tenu compte d’un doute raisonnable, il fut noté comme un prisonnier exemplaire, il sauva même la vie d’un gardien lors d’une mutinerie et reçut un coup de couteau.

Automatiquement, ayant accompli les deux tiers de sa peine, il bénéficie de la loi Lejeune sur la liberté conditionnelle.

Mais la Presse est là. « Non, pas lui. On va lâcher le monstre qui a terrorisé nos campagnes ».

Ce qui était doublement faux car, il n’avait opéré qu’en ville et sans jamais faire de blessés.

L’opinion publique réclamait de la fermeté de la part de ce gouvernement incapable de prendre des décisions.

Alors Langevin apparaît et soutient qu’il faut respecter les lois. On ne peut garder en prison ce détenu même si, il leur déplait.

Le lendemain une balle a traversé la fenêtre latérale de la voiture de Madame Langevin è deux doigts de son visage.

Le jeune Sanderus fut envoyé pour accompagner ce membre de la chambre des représentants.

Dès le premier regard, il vit qu’elle avait peur. Deux agents sur le trottoir gardaient les lieux, Sanderus dans l’appartement tentait de rassurer le député, lorsqu’un cocktail Molotov fracasse la fenêtre du salon, Sanderus se précipite et sacrifiant un petit tapis il jette la bouteille en flammes dans la rue.

Il se retourne juste à temps pour saisir Mademoiselle Langevin qui défaille. Il la dépose sur son lit et ouvrant la fenêtre de l'appartement, il crie à ses collègues "vite entrez dans la maison d’à côté le cocktail a été jeté du troisième étage.

Puis il s’occupe de la fille dont les nerfs lâchent.

« Allons, mon petit, dit il sans protocole, le danger est passé, un peu de courage." Elle s’accroche à lui, comme on agrippe une bouée. Elle le tient par la traille, les boutons d’uniforme meurtrissaient son corps.

Pour calmer son anxiété, il dépose un baiser sur ses cheveux.

C’est alors qu’elle lève la tête vers lui et que leurs lèvres se rencontrèrent. Leur baiser a duré plusieurs minutes.



Madame Langevin devenue Sénateur le reçoit dans un bureau solennel encombré de tableaux et de lourdes tentures.

« Bonjour Jacques »

« Bonjour Madame Le sénateur »

« Mais non voyons appelle-moi Adrienne, comme au bon vieux temps. J’ai un grand service à te demander.

Assied-toi ici près de moi dans ce canapé. »

Sanderus s’est assis dans un flux de parfum capitonné.

« J’ai une fille, qui ne porte pas mon nom. Langevin lui paraissait suranné, tu la connais de nom, elle se fait appelé Lange, Peggy Lange, la starlette des démocrates populaires.

Elle est très en danger en ce moment, non seulement parce que l’extrême droite la désigne comme l’ennemi à abattre, mais parce qu’elle possède des adversaires acharnés dans son propre parti.

Je te demande de veiller sur elle, non seulement parce que tu es un excellent policier, mais parce que tu es son père.



* * *



La foudre était tombée aux pieds de Sanderus !

En un instant, il a revécu la semaine du passé, pendant laquelle Adrienne et lui, ne faisait qu’un.

Après une nuit de folies pendant laquelle la peur d’Adrienne s’est dissoute dans leurs baisers, ils ont quitté le petit appartement, Sanderus, en civil, l’avait accompagnée à Liège où sa mère récemment décédée lui avait laissé une petite maison. Pendant huit jours ils vécurent, l’un pour l’autre.

Puis le problème Garnerin classé par la Presse, ils se sont séparés.

« Jacques j’ai fait une licence à Lausanne, où j’ai accouché d'une fille qui a fait toutes ses études en Suisse.

Elle ne te connaît pas. Je vais lui écrire que je t’ai choisi pour veiller sur elle.



* * *



Peggy Lange, sans bénéficier de la distinction imposante de sa mère, possédait un charme personnel indéniable, mélange d’arrogance narquoise et d’impertinence familière.

« Ah c’est vous le policier fidèle et dévoué, vous allez vous perdre dans ce foutoir. »

En fait le local des démocrates prolétaires ne brillait pas par son apparence. L »égalité totale avait le désavantage que personne n’acceptait de tâches ménagères. Chacun obtenait le crachoir pour exposer ses idées. Le charme de Peggy agissait, formulant de manière cinglante le programme révolutionnaire des DP, avec le sourire désarmant de la petite fille qui avoue sa passion pour la confiture.

« T’as pigé mec » Dit-elle à Sanderus après son exposé. » Plus tu proposes des décisions irréalisables, plus tu es suivie.

Donc pour l’avenir du parti, on ment, ça recrute des partisans, pauvres cons. »

Le commissaire s’ »est vite rendu compte, pour s’intégrer à ce groupe, il faut se différencier sur un terrain d’intérêt général.

Il sortit rapidement du bouge de la rue du Temple, pour acheter du matériel d’entretien et une salopette verte de jardinier. Toujours pratique Adrienne l’avait muni d'une carte de crédit de l’American Express.

Après avoir balayé les ordures et nettoyé les carrelages aux grandes eaux, la salle des prolos ressemblait à une réunion de patronage, hormis les affiches sanglantes des émeutes du passé et les portraits figés des grands révolutionnaires. De Proudhon à Trotski, ces visages grisâtres témoignaient d’une autre époque.

Le bureau politique constitué à grand peine, comprenait de nombreux jeunes parés des éléments vestimentaires indispensables pour témoigner de leur indépendance d’esprit, ce qui avait pour conséquence qu’ils se ressemblaient tous dans ces loques uniformes.

Quatre vieillards inspirés représentaient le moteur du mouvement. Oui du mouvement, Valéry Despiens en se levant venait de décider que le parti des démocrates prolétaires s’appellerait « mouvement » pour symboliser l’élan populaire qui les portait au pouvoir.

Personne n’a piper, la motion approuvée à l’unanimité tant était grande la confiance du bureau à ce vénérable revenant qui avait passé sa vie dans les geôles du pouvoir de gauche ou de droite. Sa pâleur distinguée, sa barbe poivre et sel mangée aux mites et ses yeux fiévreux héritiers de sa longue détention, émergeait d’un costume élimé, gris foncé comme s’il voulait se fondre dans la teinte de la muraille.

Sanderus comprit tout de suite, cet illuminé constitue l’âme vengeresse de ce groupe. Il faudra ce méfier de ce personnage capable de tout.



Fin du premier chapitre.



A suivre

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