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 Chapitre 5 - Fin

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MessageSujet: Chapitre 5 - Fin   Mar 27 Jan - 17:16

Chapitre 5

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Un agent de police lui apporte, en moto, un pli urgent, le Maître de Requête le mande au Palais.

Avec sa politesse habituelle, il s’enquiert de la blessure de Sandérus et apprend que Bollens a été attaqué. Sandérus lui fait part de la visite qu’il vient de recevoir, mais il a la sensation qu’il était déjà au courant. Les dernières paroles de son adversaire lui font craindre le pire, Marguerite l’a quitté, était-ce de son plein gré ?

« Mon Cher commissaire, il est temps de parler sans masque. Lorsque vous avez annoncé à vos collègues votre déménagement dans la maison suspecte de Bollarski, le Directeur de la P.J. a suggéré, peut-être, se trompe-on sur vos intentions et vous vouliez couvrir les agissements de Bollarski. Certains lui ont emboîté le pas. Je suis intervenu pour que la Sûreté introduise un agent pour vous surveiller, mais aussi témoigner en votre faveur si tel est le cas. Un ancien officier du cadre militaire du Contre-espionnage, à la retraite a accepté de jouer le jeu, vous le connaissez sous le nom de la Barre. Il a monté dans sa cave une centrale d’écoute téléphonique. »

« On a confiance dans la police ! Quelle honte de suspecter ses amis ! »

« Les enregistrements de conversations ont permis de constater que de nombreux entretiens avaient lieu en votre absence avec des membres du Serment des hallebardiers qui appartenaient aux compagnies dirigées par Van de Weier.

Nous avons renforcé la surveillance en installant l’officier de la P.J. Jeannot au deuxième étage.

Un doute subsistait, les messages étaient-ils inspirés par vous?

Un incident s’est produit, un cambriolage a mal tourné, une jeune femme a été arrêtée, sa carte d’identité, sa commune de résidence concordent, mais certains détails intriguent les inspecteurs. Elle s’appelle Katia Van de Weier et serait la sœur de notre suspect.

Elle est incapable de donner des informations et finit par avouer qu’elle a échangé son identité, contre finance, avec une jeune femme. »

« Ne continuez pas ! J’ai compris, elle porte le nom de Marguerite Coolen, épouse du commissaire Sandérus ! Depuis hier matin, elle a disparu, sans doute alertée par des complices. »

« Nous avons lancé un avis de recherche et le frère est actuellement inculpé. Vous êtes disculpé de tout soupçon, mais les autorités ne pouvaient agir autrement.
Ce matin Marcilly a donné sa démission. Sa nomination comme bourgmestre était illégale. A cette époque, il n’était pas domicilié dans la Ville. Une entourloupette j’en conviens, mais il faut tout faire pour défendre la démocratie. »

A sa sortie du Palais, Sandérus se rend aux urgences de l’hôpital, Bollens sorti du coma a été transféré en Médecine Générale. Le commissaire reçoit l’autorisation de s’entretenir cinq minutes avec son ami.

« Tu vois, même les spécialises des paperasses reçoivent des coups, on ne pourra plus me traiter de planqué ! »

« Jef, personne n’a jamais pensé cela de toi. »

« Tu ne m’en veux pas trop ? »

« De quoi pourrais-je t’en vouloir ? »

« Je savais avec Margot, mais je ne voulais pas te faire de la peine. Quand tu n’étais pas là, elle critiquait tous tes actes.
Tu m’as fait reproche, un jour de ce que je ne l’aimais pas. J’avais recherché sa fiche d’identité à la population mais l’ordinateur présentait des anomalies, pas de commune d’origine, pas de date de transfert. Née à Anvers, on retrouvait sa fiche au bureau de la population et un casier judiciaire au greffe du tribunal pour des délits mineurs. J’ai cru que tu étais intervenu pour effacer son casier. »

« Je n’aurais jamais fait une chose pareille. »

« Tu paraissais tellement amoureux ! »

« Tu sors quand de l’hôpital ? »

« Dans huit jours m’a dit le toubib. »

« Viens habiter quelques jours chez moi. »

Loin d’être un accident, l’agression de Jef était un assassinat, perpétré après un simulacre de tribunal présidé par Van de Weier, à la fois juge et procureur, et même en final exécuteur public.

La presse dominicale salue le succès de De Groote qui libère les sept opposants à Van de Weier, prisonniers dans une savonnerie abandonnée. Les captifs donnent des informations sur les intentions du commandant.

Grâce à ses amis politiques, il espérait faire reconnaître à ses compagnons un droit prioritaire à l’inscription dans la police. La ville avouait un cruel besoin de candidats, avec ses quatre cents hommes V de W dominerait les résistances. Simultanément les politiques qui finançaient l’opération ouvriraient un débat pour modifier les lois et obtenir une limitation des droits des citoyens, l’expulsion des étrangers et une fixation rigoureuse des montants de salaires à ne pas dépasser.

Conscient de la réaction, Van de Weier voulait tout d’abord accéder à la direction de la police, même en recourant à des attentats politiques pour créer des opportunités de remplacement. Les sept jeunes avaient refusé de souscrire à ces directives!. Ils avaient été maîtrisés et emprisonnés.

Sandérus a réservé la chambre conjugale à Jef, dont la convalescence nécessite beaucoup de repos. Le soir venu, il ouvrait un lit pliant dans le salon, attentif au bruit de la chambre, prêt à répondre aux appels de son vieux complice.

Il avait attaché un oreiller de plumes sur le dossier de la chaise que Jeff occupait pour le petit déjeuner.



Ce jour là, il lui mijotait un lapin à la bière et aux pruneaux d’Agen.

Jef le regardait éplucher ses oignons. « Je dois te dire, deux ou trois fois en ton absence , j’ai vu ta femme avec Bollarski. Ils avaient l’air de bien s’entendre. Ça me paraissait choquant, ta femme a vingt ans de moins que toi et Bollarski quinze ans de plus que toi. Je n’ai jamais osé t’en parler. »

Sandérus faisait blondir les oignons émincés.

«J’avais une confiance aveugle dans cette femme. Et maintenant tu m’y fais penser, à cette époque j’enquêtais sur l’affaire Bollarski, sans jamais parvenir à trouver un délit. Il était devenu un indic précieux. En fait, il dénonçait les malfrats qui refusaient son arbitrage dans les conflits de la pègre. Peu après j’ai rencontré, chez des amis, une jeune femme qui se disait passionnée par les enquêtes policières. Elle était charmante, primesautière et pleine d’imprévus. Je l’ai revue avec plaisir, elle m’a fait comprendre qu’elle s’intéressait aux enquêtes mais aussi aux détectives et policiers et que l’âge ne comptait pas à ses yeux. Elle prétendait aimer les hommes d’expérience, car elle avait peu connu son père, et sa mère était trop conciliante pour réfréner son caractère. Elle m’a amené chez elle, la garce avait un sacré tempérament. J’ai été ébloui. Je l’ai épousée pour apprendre à mes dépends la réalité de ce cinéma. »

« Vous aviez l’air d’un couple heureux ! »

« Il faut se méfier des apparences. Katia ou Marguerite je l’aimais encore et je l’excusais en attribuant à mon âge les difficultés rencontrées. »

Jef sortit prendre l’air dans le parc, tandis que Jacques faisait revenir le lapin coupé en morceaux.

Le repas fut savoureux, Jef adorait le lapin à la bière, mais n’en avait plus mangé depuis le décès de sa mère, ce qui remontait à quelques années. Après le repas arrosé de bière forte, il repartit dans la chambre somnoler dans un fauteuil.

Sandérus fit la vaisselle, il avait gardé le grand tablier à fleurs que sa femme enfilait parfois pour cuisiner, lorsque la porte de l’appartement s’ouvrit. Katia entra, un grand sac de cuir en bandoulière. « Bonjour Jacques ! Je crois que je me suis bêtement emportée. Je te demande pardon.”

Sandérus sidéré contemplait cette superbe créature qui l’avait tant fait souffrir. Des souvenirs refoulés se pressaient sur ses cils prêts à jaillir en larmes sur ses joues tendues, il avala sa salive, trop de fois, dupé par la sincérité apparente de la créature, il avait suivi son cœur et pardonné des écarts attribués à des pulsions incontrôlables. Il la savait aussi dangereuse qu’une panthère.

« Il parait que tu vois souvent Bollarski ? »

« Que les gens sont méchants ! Tu sais, je connais Alex depuis que je suis toute petite. Alex a remplacé mon père et tu me reproches cette amitié alors que je viens près de toi parce que je suis malheureuse. Tu es sans cœur. »

« Peut-être ! Je voudrais savoir à qui je m’adresse à Marguerite ou à Katia ? »

« Tu sais donc, tu vois que j’ai été obligée. »

« Par ton frère, sans doute, introduire une espionne chez un commissaire de police, un beau coup pour les truands. »

« Pauvre con !, tu as cru, espèce de cloche, de demeuré que j’étais sincère, alors que je savourais mon triomphe. »

Elle ouvre son grand sac de cuir et exhibe un énorme Colt.

« Je vais te trouer la paillasse. Une veuve de commissaire doit avoir une belle retraite, Ne bouge pas !, Je veux que tu entendes la suite avant de te coller une balle entre les yeux. Qu’est ce que j’en ai bavé quand tu refusais toutes les juteuses magouilles qu’on te proposait !
Sans risque, des compromissions de grands serviteurs de l’état te servaient de garantie, mais Monsieur était honnête il ne voulait pas manger de ce pain là, il préférait laisser sa femme dans la misère. »

« J’étais payé pour traquer la corruption ! »

« Quelle foutaise ! Tout le monde s’en fout aujourd’hui. Dès que tu seras clamsé, j’irai retrouver Bollarski, encore un con dans son genre. Il est fou de moi. Il éprouve dans mes bras, l’impression excitante de l’inceste. Je l’épouse dès que possible et dans quelque mois, il décèdera de maladie et je serai propriétaire de toutes ses maisons. »

« Tu es sûre ? »

« Le contrat de mariage sera signé avant la cérémonie, si non, pas d’argent, pas de Suisses. »

« Ton frère est-il d’accord avec ton programme, et si tu es soupçonnée, arrêtée ? »

« Aucun problème tout passera au bleu. Il y a trop de gens compromis. Mais toi, tu me fais parler pour gagner du temps. Va au diable ! »

Une puissante détonation fit trembler les fenêtres, mais ce fut Katia qui s’écroula la face contre terre. La balle de Jef avait atteint le bulbe rachidien la tuant sur le coup. Il avait précédé son tir d’une fraction de seconde, un trou dans le plafond montrait que Jacques avait échappé de peu à la mort.

« Je téléphone pour appeler l’équipe technique » dit Sandérus d’une voix blanche. « Pour un mec qui ne tire jamais, t’es rudement en forme.»



* * *

Les Criminologues entrèrent en scène.

A notre époque la Métrologie domine les sciences, tout devient mesurable et la mort n’échappe pas à la classification.

Après le médecin légiste qui doit témoigner du décès du sujet de l’heure de sa mort et de son état de santé ante-mortem, le spécialiste de la balistique reconstitue le trajet des balles, puis, les psychologues tentent d’analyser les sentiments des protagonistes.



Bollens anéanti, répondait avec peine à ses interlocuteurs, pour la première fois il avait tué un être humain.

« Si j’avais visé dix centimètres plus bas, elle serait encore en vie. »

On lui répondait ; elle serait paralysée ou elle resterait en prison pour le reste de ses jours.

L’enquête établit la bonne foi de Bollens et l’innocence de Jacques.

Bollens retourna à son domicile et revint déjeuner tous les jeudis pour déguster les efforts culinaires du commissaire.

« Jacques, j’ai relu d’anciennes affaires d’avant 1914 telle que le procès Courtois, ce commissaire de police dévoyé, voleur, chef de bandes et même assassin. Et bien rue de la Tulipe, on n’a jamais retrouvé les bijoux de l’orfèvre. Or au XVIII ème siècle, il existait un passage avec la maison du bailli. Je me demande…. Je suis sur une piste, pourrais-tu m’aider ? »



Sandérus se raidit sur son siège « Mange ton dindonneau, on verra plus tard ! »



F I N



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